Difficultés de jeu d’acteur : comprendre ce qui bloque
(pour s’en sortir)
COMEDIEN.NES :
QUE FAIRE FACE A UNE DIFFICULTÉ ?
✓ Vous êtes comédien.ne.
« Je sonne faux »
« Je n’y arrive pas. Je suis bloqué.e »
« Je ne suis pas dedans »
« Je n’arrive pas à lâcher prise »
« Je ne ressens rien »
« Je me regarde jouer »
« J’ai le trac »…
Ces difficultés sont plus fréquentes que vous ne le pensez !
Elles font partie du parcours de l’acteur.
Mais elles ne sont pas une fatalité.
Elles ont des causes précises — et des issues.
Comprendre ce qui se joue, c’est déjà commencer à débloquer le jeu.
✓ Vous dirigez une scène, vous jouez le rôle de « regard extérieur »
Vous avez le sentiment que la scène « ne décolle pas » ?
Les causes des difficultés
et leurs solutions
LES CAUSES
⚠️ Pas dans mon corps
Pas dans son territoire. Pas centré. Le comédien n’est pas dans sa respiration et sa voix. Tout est logé (émotion) dans le thorax et la voix est dans la gorge. Il « flotte ».
⚠️ Pas d’écoute
On fait semblant d’écouter l’autre. La connexion est « faible ». On ne se parle pas vraiment. La conséquence: on est tout seul.
⚠️ Pas au présent
Notre réaction est fabriquée, anticipée ou préparée, et non pas inventée sur le moment. Le comédien est dans le mental. Il s’est fait une idée précise de ce qu’il doit jouer, il applique. Il explique. Il ne vit pas. Il ne se laisse pas surprendre. Pas de lâcher prise. Il veut contrôler.
⚠️ Pas concret
Les mots sont creux, pas d’images. Ils sont débités rapidement. Le texte est « devant soi ». Au pire, il a été « pensé », théorisé. Le comédien ne s’est pas approprié le texte, il ne peut donc pas l’incarner. Il « récite ».
Il s’accroche aux mots, le texte est comme une béquille, au lieu de les vivre.
⚠️ Le « bien faire » (le pire !)
Le comédien n’est pas libre, il se surveille.
Au lieu d’être là, sur le plateau, il est à la place du public, en train de se juger, résultat: sur le plateau, il n’y a plus personne !
Le jeu est plat, sans relief, lisse et souvent stéréotypé.
⚠️ J’ai le trac
Le trac, c’est la conséquence direct du « bien faire » !
LES SOLUTIONS
☞ A faire
- Technique, technique et technique ! S’ancrer et se centrer. Une technique toute simple, afin d’y arriver, basée sur la voix : placer sa voix.
- Ancrage sur son territoire = rebonds sur le sol (surtout pas des racines aux pieds !) Astuce: les jambes doivent peser, genoux sur ressorts, le thorax vide ! Respiration abdominale.
- Souplesse et détente du corps. La voix, le sentiment et la parole doivent traverser des pieds à la tête le corps tout entier.
☞ A faire
- Considérer l’autre en son entier: des pieds à la tête.
- Rajouter dans le début de sa réplique le prénom de votre partenaire. Comme si vous l’appeliez.
- Répéter les derniers mots de votre partenaire avant votre réplique.
- Rajouter de nombreux « OK ? ou « d’accord ? » autant de fois que cela est nécessaire dans votre réplique afin d’être dans un dialogue à chaque seconde – et pas tout seul. Même et surtout si vous devez parler longtemps. Le partenaire doit émettre un signe, vous signifiant qu’il a bien reçu ce que vous vouliez lui faire entendre.
☞ A faire
- Ne pas savoir. Oublier le texte.
- Le secret ? être dans l’étonnement permanent. Être sans cesse surpris par la parole de l’autre.
- Ralentir aussi afin de bien recevoir. Prendre le temps, à chaque fois, de 1/ recevoir avec étonnement la parole de votre partenaire puis 2/ se laisser réagir avec son corps, accueillir l’émotion engendrée puis enfin 3/ répliquer, répondre.
☞ A faire
1/ S’approprier le texte ! S’aider, pour cela, de la fiche pratique : appropriation du texte
- Aller plus lentement. Chaque mot ou groupe de mots: une image. On « voit ».
- Désigner tout ce dont on parle en pointant avec son index. Y compris soi-même !
- On remplace les mots du texte par ses propres mots
2/ Incarner le texte: le mettre en bouche. Une fiche pratique qui vous aidera grandement: la diction
☞ A faire
Ne surtout pas chercher à « bien faire » !
- Le jeu est un saut en parachute: lâcher prise !
- Ne pas être scolaire. Se laisser traverser par les indications de celui qui dirige et non pas les appliquer dans le souci d’obtenir une bonne note !
- Travailler l’ancrage. Soyez à 100% là, sur votre territoire.
- Le maitre mot: ne pas faire. Se laisser faire.
☞ A faire
J’ai écrit une fiche pratique entière sur le trac. Comment le gérer facilement en quelques minutes: Comment gérer son trac
Pour comprendre ce qu’est un jeu juste, vous pouvez lire : les 4 règles fondamentales du jeu d’acteur
Pour débloquer votre jeu, en quelques séances, parfois une suffit !
TOUS LES MODULES TECHNIQUES
Tous ces outils sont mis à disposition de tous, merci à vous, si vous les utilisez ou partagez, de citer la source.
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Mon ouvrage :
« TRANSMETTRE – 20 ans à l’Atelier théâtral d’Ivry »
préface Robin Renucci
A propos de ma méthode
La méthode que je pratique, basée sur l’improvisation de son monologue intérieur à l’intérieur du texte même, à savoir: mélanger ses propres mots avec ceux du texte, est un outil formidable pour lever n’importe quel blocage.
Elle oblige à être, à chaque instant, juste et au bon endroit !
Par expérience, il est difficile de s’y lancer seul. Elle n’est pas si facile à mettre en place et nécessite un accompagnement. Mais dès lors que le comédien se l’approprie (et il suffit d’une séance) il rentre tout de suite dans une facilité et justesse de jeu puissantes. Et retrouve un plaisir de jeu sans pareil.
