Comment gérer le trac sur scène ?


Cette fiche s’adresse aux comédiens, aux élèves comédiens et aux artistes confrontés au trac avant ou pendant une représentation, une audition ou un concours.

Si vous cherchez plutôt à gérer le trac lors d’une prise de parole en public, d’une présentation professionnelle ou d’une réunion, vous trouverez une fiche consacrée à cette situation ici :

« Trac et stress à l’oral: comment le gérer ?« 


Qui n’a jamais eu le trac, en montant sur scène ou juste avant ?
Voix et membres qui tremblent, bouche sèche, coeur qui s’accélère, trous de mémoire, paralysie, Sensation de disparaitre dans le trou noir du public.
Le trac, la peur, l’angoisse est plus forte que nous :
elle nous submerge tout entier, comme une vague, noyant notre cerveau,
lequel pourtant ne cesse de se dire que tout cela est stupide. Mais… rien n’y fait !

Le net regorge de techniques et de conseils en toutes sortes. Il y a de quoi se perdre !

Je vous propose ici une technique infaillible,
très simple pour surmonter rapidement le trac.

Mais tout d’abord :
comprendre le phénomène du trac.

C’est un signe que tout va bien: vous êtes conscient de la responsabilité que vous avez, par rapport à vos partenaires de jeu, par rapport au public, par rapport au texte et à l’auteur. Conscient de l’enjeu: vous devez porter le rôle, le texte, la parole de l’auteur.

Le trac est un phénomène naturel, face à un danger !
Or, jouer est un challenge, surtout lorsqu’on y met des enjeux forts.

Sara Bernhardt à une élève comédienne :
Mon petit, lui dit-elle, avez-vous le trac ?
– Non, Madame, répondit la jeune fille étonnée.
– Rassurez-vous, cela viendra avec le talent.

Tout le monde a donc le trac. Même les plus aguerris !
Donc relativilisez !

Rien d’étonnant à ce que vous ne vous en sortiez pas ! C’est le serpent qui se mord la queue.
Panique + trac = deux fois plus de peur.
Un champion olympique, au moment de son saut, a une poussée d’adrénaline: se dit-il que ce n’est pas normal ? Est-il inquiet ? Non.
« J’ai le trac = c’est normal et je m’en fiche ». Je ne suis pas inquiet. Même les plus « grands » ont peur.
De plus, si je m’inquiète, c’est que je ne suis plus au présent: j’anticipe. Et là, je ne peux plus jouer.

Votre mental et votre corps essaient de lutter contre cet adversaire et, au lieu de vous concentrer sur ce que vous avez à faire, les 3/4 de votre cerveau est concentré sur cette bataille perdue d’avance, car vous donnerez à la Peur encore plus de valeur… Il ne reste qu’un petit quart pour jouer.
Comment voulez-vous vous en sortir ?
A cette bataille, la Peur ne peut qu’augmenter car vous l’alimentez de toutes vos peurs. Très vite, je m’enferme dans « la peur me fait peur »… et la voilà qui se transformera en figure mythique !

  • Il n’y a qu’un seul moyen de surmonter la peur, le trac : c’est de l’accepter et de ne pas se noyer dans « ce qui peut arriver ». Vivre au présent
  • Se recentrer sur l’essentiel (l’autre, l’action) et pas sur ma petite personne. Faire le vide et le silence en moi.

Techniquement, je fais comment ?

Je rectifie MA POSTURE

Prendre appui sur le sol, genoux sur ressorts.
Prendre en compte que nous vivons sur terre.
Et donc soumis à l’attraction terrestre.

Nous sommes à l’image de ce sablier uniquement rempli dans sa partie haute: respiration rapide, thorax et gorge envahis par l’émotion, pas d’ancrage, jambes vidées.
Impossible de s’en sortir comme cela !
Retourner le sablier !
Remplir ses jambes. Alourdir tout le bas du corps. S’ancrer.

Inspirer ce qu’on reçoit du monde (la peur) dans l’abdomen. L’accepter.
Recueillir l’émotion dans son ventre.

Vous verrez que, naturellement, vous la chasserez vers le bas.
C’est ce qu’on appelle: la respiration ventrale !

Au contraire de la respiration haute, laquelle n’est pas capable d’évacuer correctement l’émotion: celle-ci montera vers la tête et noiera le cerveau…

Faites le test:
en mettant la main sur les deux parties du corps
respirez par le haut: le souffle monte à la tête
respirez par le bas: le souffle descend !

méthode pour maitriser ses émotions

Exercez-vous chez vous: baillez ou poussez un grand soupir et à l’aide de vos mains, accompagnez l’expiration lentement vers le bas.
Evacuez la peur vers le sol. Vous aurez une sensation de vider la peur de votre corps, comme on vide une baignoire.
Le sol l’absorbera.

Si le trac m’envahit, c’est signe qu’il me décentre.
Je dois donc rectifier ma posture !

Pour s’exercer :

Si vous avez bien respiré et que vous vous êtes installé ancré,
aligné sur votre centre,
vous aurez la sensation que vous avez éliminé tous les parasites :
tout ce trop plein d’émotions, sensations, idées dont vous étiez rempli
(la peur, le trac)
et qui n’a rien à voir avec ce que vous avez à faire: jouer !

Vous avez fait le vide.
Prêt à accueillir ce qui est, ce qui vient.

Vous avez fait le silence en vous.
Plus de bruit parasite.

Ce que j’ai à défendre est bien supérieur à ma petite personne.
Ce pourquoi je suis ici est bien supérieur à nous tous !
Ma propre petite personne ? mais c’est vraiment le cadet de mes soucis, pour mes partenaires et le public aussi !
Astuce: je suis interchangeable: cela aurait pu être Pierre ou Catherine ou n’importe qui…
Je suis là pour assurer uniquement ce que je dois faire:
porter le texte, l’écriture, l’auteur, le rôle: tout cela qui est bien plus grand que vous. Jouer.

Le trac, c’est un signe qu’on n’est pas au bon endroit: on anticipe,
au lieu de vivre au présent.

Le trac c’est lorsqu’on est centré sur le futur sur quelque chose qui n’existe pas.
Faire confiance au présent, donc.
Si j’ai bien bossé, si j’ai tous mes repères, je commence. Le reste suivra. Pas d’inquiétude ! D’autres choses arriveront aussi: le jeu sera enrichi de sensations nouvelles.

Je suis dans l’écoute de l’autre. Car c’est toujours l’autre qui m’inspire.
Ceci est une des règles fondamentales du jeu.
C’est l’extérieur (espace, partenaire etc.) qui me fait réagir. Toujours.

Mon jeu ne repose pas sur moi.

Pour s’exercer :

Ne pas se dire: « Je commence » (la scène).
Ne pas porter ce poids-là sur ses épaules.
Non. Car dans la vie, il n’y a pas de commencement.
C’est une situation qui n’existe pas.
Lorsque je rentre sur scène, ça a déjà commencé.
Je réponds (réagis) à –

Nous avions dit qu’il fallait nous connecter avec tout ce qui nous entoure, afin de le transformer
en partenaire de jeu.
Je ne joue pas DEVANT mon partenaire, mais AVEC lui.
Il en est de même avec le public !

Cela va vous déplacer et trouver la position juste !
Le trac s’en ira de lui-même… !

Parce que tu n’es juste pas au bon endroit ! Tu te mets la pression.
Or, le « taff » du comédien, c’est de faire !
Pas d’essayer « d’y arriver », ni de chercher !
C’est celui qui vous dirige qui cherche.

L’autre, celui qui te regarde te renverra des retours.
Toi, ton job c’est juste de vivre, faire qu’il y ait quelque chose qui arrive – vraiment.

Dans ce cas, je te renvoie à un autre article qui va bien t’aider :
Je n’ai pas confiance en moi.
Tu y trouveras des outils précieux !

Savoir gérer mon trac

A retenir, dans l’ordre :

✅  Comment placer sa voix parlée
ENRICHI !

✅  Gérer son trac
Astuces pour gérer son trac en quelques minutes

✅  Comment jouer juste et naturel ?
Les 4 règles fondamentales.

✅  Comment faire naître l’émotion ?
Les pièges de l’émotion.

✅  Comment jouer un personnage ?
Idées reçues et méthode NOUVEAU !

✅  Le monologue de Nova
Remplace tous les livres sur l’acteur !

À Suivre…
(mise à jour le 5/09/26)

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"Transmettre" de Yaël Bacry - préface de Robin Renucci

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