Comprendre les causes de ma peur

Peur de parler en public : les vraies causes ancrées dans l’enfance

Pourquoi, malgré tous mes efforts, je n’arrive pas à surmonter la peur de parler en public ? en réunion ? devant un jury ? devant ma classe ? aux inconnus ? pourquoi ai-je si souvent l’impression d’être jugé ? de ne pas être à la hauteur ? d’où vient cette pression que je me mets ? d’où vient ma peur ? et pourquoi est-elle si tenace alors que je sais que le plus souvent, elle n’a pas lieu d’être ?

Depuis vingt ans j’ai accompagné plus d’un millier de personnes sur cette problématique. Entendu un millier de récits de vie.

Ensemble, nous avons appris à retrouver ses origines et ses causes. Elles, en témoignant, moi en les écoutant et en croisant chacune de leurs histoires.

Et c’est ensemble que nous avons réalisé que la clé pour s’en s’en libérer réside principalement dans la compréhension de leurs causes.

Cet article est donc le fruit de ces vingt années d’accompagnement en théâtre et prise de parole.

Chacun.e se reconnaitra. Merci à elles, merci à eux.

Comprendre l’anxiété, le stress, le manque de confiance et de légitimité, la timidité,
la peur du jugement des autres, le syndrome de l’imposteur.

Une même peur :

celle d’être exposé, vu, évalué, de ne pas être à la hauteur.

🔍 Sur un échantillon de près de mille témoignages de récits de personnes de tout genre, toute nationalité et culture et toute origine sociale, après analyse, il apparait que trois constantes émergent :

✅ Les blocages dans la prise de parole et dans la communication ont leur source dans l’enfance.
Quoi de plus logique en effet : où l’homme apprend-il à parler ? dans le foyer familial !

✅ La peur circule chez les deux parents, visible ou invisible, consciente ou inconsciente.

✅ La peur est transmise d’une manière très particulière.

L’organisme naturel de l’enfant

Le bébé : nous naissons tous orateurs !

  • Il n’arrête pas de prendre la parole ! Il s’exprime à tout bout de champ avec une aisance totale !

  • Sa respiration est naturellement ventrale. Il est centré. Il utilise son moteur naturel.

  • Sa voix est donc placée. Il aura beau crier toute la nuit, il ne se cassera jamais la voix !

  • Le diaphragme agit telle une raquette au fond du ventre et sa voix est propulsée avec un maximum de puissance.

  • Aucun frein de quelque nature qui soit. Aucune peur du jugement : il est dans une pleine expression de son moi. « Moi je… », « Moi je… » Moi, Moi, Moi ! 

L’enfant qui grandit

Dès que les enfants se mettent debout, ils ne cessent de sauter !

Pourquoi ?

Parce que nous sommes terriens. Sur la Lune, ce serait tout autre chose !
L’énergie, la puissance, vient de l’appui sur le sol, des pieds, c’est ce qu’on appelle l’ancrage. Les enfants ont donc la prescience que la puissance vient d’en bas.


🎯 Double rebondissement, donc :

  • Sur le sol, grâce aux genoux déverrouillés
  • Sur leur plancher intérieur : la voix rebondit sur le diaphragme.

Leur posture est naturelle : plus lourd en bas qu’en haut, leur thorax étant un courant d’air : légers ! Un peu à l’image de la Tour Eiffel, pesante en bas et de moins en moins, plus elle s’élève. Ils sont des géants.

Leur voix circule librement dans la colonne d’air.

Lorsqu’ils s’expriment, leur voix, leur message traverse leur corps tout entier : ils incarnent leur parole. Ils utilisent à fond ce moteur-dynamo donnée par la mère-nature : la région de l’abdomen. Leur parole est puissante.

Ils ont une présence et un charisme naturel : ils sont là et ne cessent de marquer leur territoire, toujours en rebondissant : « moi-je ». Aucune peur à l’oral, ils sont dans une expression authentique d’eux-mêmes.

MAIS…

Il arrive que ce fabuleux organisme respiratoire et vocal naturel s’altère très vite…

  • Les jambes se vident. Nous flottons. Tout le poids du corps vient se loger dans la partie supérieure : le thorax et la tête. Un peu à l’image d’un sablier qui ne serait rempli que dans sa partie haute.
  • Plus d’ancrage. Nous n’osons plus occuper notre territoire. Prendre entièrement notre place. Face à l’autre ou à un groupe.
  • Le centre remonte, vient se loger dans le thorax ou la tête. La respiration devient haute. Les émotions se logent dans le thorax, au lieu du ventre.
  • La voix s’installe dans la gorge. Nous avons peur de parler.
  • Perte de présence naturelle.

Comment la peur et la perte de confiance s’installent dans l’enfance

  • Il y a des familles qui vont aller dans le sens de l’organisme vivant que la Nature nous a donné.
  • D’autres, qui vont aller contre, le freiner ou bien le dévier.

Nous allons voir que la « mise à distance », c’est-à-dire le respect du territoire de l’enfant, sa place, va être crucial dans son évolution.

ÉDUCATION RESPECTUEUSEÉDUCATION NON RESPECTUEUSE
TOUT LE MONDE EST À SA PLACEPERSONNE NE L’EST
Les places de chacun sont distinctesBrouillage des frontières
Les parents occupent leurs place d’éducateurs. Ce sont des adultes
Le père occupe sa place de père, de même que la mère. Place d’éducateurs
Les parents n’occupent pas leur place. Ils ont une fragilité psychologique, ce sont, quelque part encore, des enfants.
L’enfant se voit offrir une place à lui tout seul. « Tu es un individu à part entière. Distinct de moi. Aligné sur tes désirs »La place de l’enfant est captée. « Sois gentil », « conforme-toi », « fais plaisir à maman/papa ». L’enfant arraché de sa place. Sur son territoire: le désir des parents.
Il s’aligne sur leurs désirs.
LA PEUR ABSENTE CHEZ LES PARENTSLES PARENTS ONT PEUR
Parents inquiets, anxieux. Mère surprotectrice, père violent *, etc…
Les parents élèvent l’enfant dans une sécuritéLe foyer est insécurité
Le bébé est une énigme, on ne sait pas qui il est. Pas d’intrusionProjections sur le bébé de ses peurs, angoisses. Intrusion
Les parents nourrissent l’enfant en lui donnant les outils pour qu’il se construise, distinct d’eux.

Les parents protègent l’enfant.
Les parents demandent à l’enfant de les soulager en leur demandant de supporter leur fardeau (la peur). L’enfant accepte de prendre sur lui le fardeau des parents. Il « prend sur lui » le problème des parents.
La peur change de camp.
L’enfant « sauve » le parent.
Il le protège de sa peur
L’enfant apprend à devenir autonomeIl est instrumentalisé
LA PAROLELA PAROLE
L’apprentissage de la parole est libre. Parler est un jeu, un exercice d’expression de soi, de communicationL’apprentissage de la parole est entravée: non-dit, silences, secrets de famille. La parole est apprise en même temps que la peur. Parler est menaçant
La « période du non » (3/4 ans)La « période du non » (3/4 ans)
Il est autorisé à s’aligner sur son désir. À prendre la parole, à dire « non ». Ton désir n’est pas le mien. Je suis ici, toi tu es là-basIl ne s’y autorise pas car il doit être aligné sur le désir de l’autre. Censure ou auto-censure. La main sur la bouche
S’exerce à exister et prendre la parole depuis sa place. « Moi-je ». Et : « Là où je suis, c’est moi ». Et pas toiArraché de sa place. Il ne parle pas depuis son endroit. Là où il est, il y a l’autre (son fardeau) avec lui. Impossible de revendiquer le « Moi-je »
Il rebondit sur son territoire : « Moi-je ». J’ai le même poids que l’autreIl se vide d’en bas: il flotte.
Plus de sol – sûr. L’enfant perd confiance et assurance.
L’autre pèse plus que lui
Il s’exprime avec une parole pleine, libre, autorisé à dire : « Non ». De ce « non », surgira le « oui », affirmatif, joyeux et rageur à la foisLa vraie parole est interdite, il n’est pas autorisé à dire « non ». Il apprendra le « oui, oui »
UN APPRENTISSAGE SAINUN APPRENTISSAGE CONTRE-NATURE
L’enfant apprend à exister pour et par lui-même, face à l’autreL’enfant va chercher la validation par l’autre.
L’enfant se projette en face, en train de se surveiller, se regarder, se juger. À sa place: plus personne!
D’où: souci de bien faire. Peur du jugement de l’autre. Stress. Perfectionnisme. Auto-pression
L’enfant est à sa placeL’enfant ne s’autorisera pas à la prendre

*La violence, l’agressivité ont aussi sa source dans la peur: d’un sentiment de panique lorsqu’on est renvoyé à son impuissance à faire avec ce qui est vivant. Le vivant = ce qui est imprévisible, ce qui surprend, ce qui est loin et différent de moi. Je ne sais pas gérer le vivant car je n’ai tout simplement pas appris. Alors, la peur nous fait décider de tout cadrer : « la réalité doit obéir à ce que j’ai prévu dans ma tête ». C’est une faille, une faiblesse psychologique. Le père demande à son fils de le soulager de sa peur. Obéis. L’enfant obéit pour calmer le père, pour qu’il soit moins déstabilisé, qu’il ait moins peur.
D’où : « la peur change de camp »

Voilà comment l’enfant élevé dans une famille non-respectueuse (colonne de droite), dira, à l’âge adulte, en désignant le fardeau à l’intérieur de lui: « J’ai un problème : j’ai peur ».

Or ce fardeau n’est pas le sien. Ce sont les voix, les peurs des parents qu’il a intériorisées.

Ce fardeau = toutes ces voix intérieures qui ne cessent de nous dire : « Attention ! est-ce bien intéressant ce que tu vas dire ? Es-tu à la hauteur ? »

Ce fardeau, c’est l’histoire du parent qui l’a lui a déposée.

Apprendre à distinguer le fardeau (le problème, le symptôme, les peurs) de soi-même.

🎭 LE SAC A DOS

Dans les ateliers théâtre, nous savons tout cela. Au premier cours, nous avons l’habitude de demander aux élèves de laisser leur « sac à dos » à l’entrée. Pourquoi ?

« Parce que je veux te voir, toi. Pas toi et ton sac, car ton sac, ce n’est pas toi. Et c’est ton « vrai toi » que nous allons faire grandir sur le plateau. Pas l’autre. »

Le sac à dos, tout le monde comprend : ce sont mes freins.

Ne plus dire: "J'ai peur, j'ai un problème" mais dire: "Ce n'est pas mon problème, ce n'est pas ma peur, c'est celle de mon parent"

NE PLUS DIRE :
« J’ai peur, j’ai un problème »

MAIS DIRE :
« Il y a quelque chose en moi qui a peur »

« Je n’ai pas de problème !
Ceci n’est pas mon problème.
C’est celui de mon père / ma mère.

C’est son histoire que je porte.
Ce n’est pas mon histoire.

Ce n’est pas moi. »

Si je n’identifie pas précisément ce fardeau (remonter aux grand-parents pour voir comment celui-ci s’est installé chez le parent en question), ce frein restera indissociable de mon être. Il fera corps avec moi.

Conscientiser la source de ces freins, c’est faire la moitié du chemin !

📌 Votre peur n’est pas vous. C’est un « bâton dans les roues » qu’on vous a mis.

📌 La peur de parler, le stress à l’oral, la timidité, le manque de confiance en soi ne sont absolument constitutifs de votre personnalité. Ce sont des freins à votre personnalité.

🚗 La métaphore de la voiture
et de son bâton

Une voiture sortant flambante neuve de l’usine (le bébé à la maternité), programmée pour rouler à 200km/h. Mais, très vite, elle peine, roulant lentement, n’arrivant pas à dépasser les 40km/h.
Honteuse, elle se sent nulle, mal fichue. Surtout lorsqu’elle voit toutes les autres voitures la dépasser et filer à toute allure.

Alors, elle va voir un garagiste et lui dit: « Regardez, je suis en-dessous de tout, vraiment nulle, je suis incapable de rouler vite, je n’arrive même pas à aller sur l’autoroute. »

Le garagiste soulève le capot, inspecte le moteur et lui dit: « Mais qu’est-ce que tu racontes ? Ton moteur est parfait, il n’y a rien qui cloche ! Rien ne manque, tous les éléments sont là, tout est branché convenablement. Tu as tout ce qu’il faut pour rouler convenablement. Mais penche-toi à la fenêtre. »

La voiture se penche et… ô surprise, elle découvre, là, dans la roue arrière… un bâton.

Le garagiste : « Tu vois, quelqu’un t’a mis un bâton dans les roues. Tu t’étonnes que tu n’arrives pas à rouler vite ! On est bien d’accord que le bâton, ce n’est pas toi, ce n’est pas la voiture ! Toi, tu es ok ! « 

Il poursuit: « D’abord tu prends conscience que tu as un bâton, puis tu vas commencer à l’enlever. Ensuite, une fois le frein enlevé, il va falloir que je te réaprennes à rouler. Je vais te donner des leçons de conduite, parce que cela fait des années que tu roules mal, empêchée, de travers. Je vais t’apprendre à rouler sur tes 4 roues, équilibrée, à passer la 4ème et 5ème vitesse, à te lancer sur l’autoroute et à rouler à pleine vitesse, et non plus à rester sur les petits chemins »

Vous l’aviez compris…

  • La voiture = vous
  • Le bâton = le fardeau » (la peur du parent) héritée de votre enfance
  • Le garagiste = votre thérapeute/coach de prise de parole

SE LIBÉRER DE LA PEUR DE PRISE DE PAROLE EN PUBLIC

Voilà !
Nous sommes arrivés au bout de la compréhension de ce pourquoi vous avez tous ces bloquages à l’oral.
Nous sommes tout près du but !

Comment surmonter ses blocages à l’oral et vaincre la peur de parler en public ?

Comment ? Eh bien en rendant le fardeau à… son propriétaire !

Imaginez-vous tout en bas de l’arbre généalogique de votre famille, observant une névrose se transmettre de génération en génération. Le moment est venu enfin de couper le fil, d’arrêter la transmission : « Stop ! cette chose (le fardeau) ne passera pas par moi. Ceci n’est pas mon histoire. Retour à l’expéditeur ! ».

Pour cela, je préconise un exercice très simple à réaliser chez soi, qui vous apportera la délivrance tant attendue… et vous libérera de vos chaines.

Nous avons vu à quel point l’imbrication entre le corps, la posture et le psychisme et le corps est totale.
Ainsi en corrigeant l’un, on transformera l’autre.
il s’agira donc de corriger et de rééduquer notre posture afin de retrouver le corps que nous avions avant !

  • Grâce à l’ancrage, nous retrouverons notre territoire et notre place. Et notre poids face à l’autre.
  • Grâce au travail de la respiration, nous placerons notre voix et nous nous réalignerons sur ce fabuleux centre moteur que la Nature nous avait donné en cadeau à la naissance.

Depuis des années, nous avancions dans la vie avec des mauvais automatismes, déséquilibrés, freinés, comme cette voiture avec un bâton dans les roues, il s’agit à présent de réapprendre les bons. Il est possible de « redresser » un apprentissage qui s’est mal fait… et il n’est jamais trop tard pour le faire !

Ainsi nous regagnerons un organisme performant, remis à neuf, et retrouverons la capacité de parler avec confiance et puissance.

💡 A présent que vous comprenez d’où vient votre peur…
Découvrez comment vous en libérer définitivement grâce à mon protocole unique en 3 étapes : Conscience • Rupture • Rééquilibrage

Si vous voulez commencer seul,
des exercices techniques sur l’ancrage, la voix et la respiration ici :

Les fiches pratiques gratuites >>>

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Je peux vous accompagner tout le long du processus.

En quelques séances, vous ne serez plus le/la même !
Il fonctionne bien sur tout le monde !

Tentez le pas !