Diction: la parole, le phrasé, le vers
Une bonne diction nécessite d’avoir la voix placée !
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Comment avoir une bon phrasé ? une bonne diction ?
Ici, vous trouverez une méthode claire et simple.
Nous allons découvrir les règles d’une bonne diction, lesquels vous permettront d’acquérir facilement un bon phrasé: fluide et naturel.
Dans mes cours, je travaille toujours la diction en deux temps:
– 1er temps: nous nous entrainons sur des phrases simples de la vie quotidienne. Nous découvrons les règles principales de la langue parlée française. Nous nous amusons et les faisons résonner de toutes les manières possibles. L’élève est surpris de l’incroyable potentiel contenu dans ce qu’il jugeait, au début, comme pauvre, banal.
Il faut beaucoup s’exercer avec la langue, la pétrir, l’assouplir comme le fait le sculpteur avec sa glaise avant de pouvoir travailler un texte théâtral.
– 2ème temps: puis vient le travail sur les règles de l’alexandrin. Nous découvrons très vite que l’alexandrin est la quintessence de la langue française ! D’une richesse incroyable. De plus, cela permet de travailler les images, la concrétude de la langue et faire surgir les émotions. Bref: c’est de l’or pour l’apprenti-comédien !
Lorsqu’on sait dire les alexandrins, on peut tout jouer. Tout ! N’importe quel texte !
1. LES RÈGLES DE LA DICTION DE LA LANGUE FRANCAISE
a. Les longues
- Parler naturellement en repérant les longues et les brèves. Reprendre une phrase courte et exagérer les longues en les étirant.
- Accompagner chaque longue d’un moulinet de bras afin d’en conserver la rondeur. Ne pas diriger le son, mais le laisser se déployer. On ne « dirige » que l’impulsion du son; une fois lancé, celui-ci « vit sa vie ». Le laisser libre.
- S’exercer sur des phrases courtes en s’amusant sur chaque longue. Les imager, leur donner une forme, une couleur avec le corps. Une concrétude. La parole est organique.
- Les longues se déploient dans l’espace, elles ont différentes formes.
b. Les accents
- Les accents se situent souvent, dans la langue française, sur la première syllabe. Parler naturellement et les repérer sur une phrase courte.
- Les accents ont à voir avec le soutien: les sons frappent le sol. La syllabe claque.
- Sur une phrase simple, s’amuser à mettre les accents où l’on veut (attention: être économe !). A chaque accent, on fait rebondir une balle imaginaire qui vient frapper le sol.
- Le rebond est important. Ne pas tenir le son, le laisser partir. L’accent, par contre, est volontaire: c’est une impulsion. Elle est donc précise. Ne pas guider ni maîtriser le son sur les syllabes avant ou après: les lâcher. Détente absolue.
2. DICTION DU VERS FRANÇAIS
1. Qu’est-ce que le vers ?
La meilleure définition et plus belle se trouvera chez Claudel.
Réflexions et propositions sur le vers français – Paul Claudel
« On ne pense pas d’une manière continue, pas davantage qu’on ne sent d’une manière continue ou qu’on ne vit d’une manière continue. Il y a des coupures, il y a intervention du néant. La pensée bat comme la cervelle et le cœur. Notre appareil à penser en état de chargement ne débite pas une ligne ininterrompue, il fournit par éclairs, secousses, une masse disjointe d’idées, images, souvenirs, notions, concepts, puis se détend avant que l’esprit se réalise à l’état de conscience dans un nouvel acte.
Sur cette matière première, l’écrivain éclairé par sa raison et son goût et guidé par un but plus ou moins distinctement perçu travaille, mais il est impossible de donner une image exacte des allures de la pensée si l’on ne tient pas compte du blanc et de l’intermittence.
Tel est le vers essentiel et primordial, l’élément premier du langage, antérieur aux mots eux-mêmes : une idée isolée par du blanc ».
Le vers est donc une langue naturelle augmentée (puissante) !
Une écriture en vers est une écriture « très écrite ». L’auteur en a écrit la partition. Une succession de temps forts/faibles, sons/silences et des sonorités qui jouent entre elles.
Tout texte contemporain à écriture forte peut être considéré comme écrit en vers.
Exemple contemporain : texte de Monique (Quai Ouest, Koltès)
Et maintenant : où ? /
par où ? /
comment ? /
Seigneur !
Par ici ?
c’est un mur, /on ne peut plus avancer ; ce n’est même pas un mur, non,
ce n’est rien du tout ; /
c’est peut-être une rue, peut-être bien le fleuve ou bien un terrain vague, un grand trou /
dégoûtant./
2. Comment dire le vers ?
📌 LA CLÉ :
Dire le vers, c’est donc à la fois faire entendre :
——> l’unité du sens: le sens de la phrase
——> l’unité du vers: le rythme et la sonorité du vers
Exemple classique:
ANDROMAQUE
Quoi ? Céphise, j’irai voir expirer encor …
Ce fils, ma seule joie, et l’image d’Hector ?
——> Il s’agira de faire entendre à la fois le sens de la phrase ET le blanc, le temps suspendu après « encor »
3. Dire le vers, c’est exécuter une partition. Jouvet
Donnons la parole à celui qui peut être considéré comme le meilleur enseignant du vers :
« Il faut entendre le texte. Ce qui est difficile, c’est qu’il faut, au moment où tu penses un rôle, il faut y penser comme si ce n’était pas toi. Cherche à l’entendre en toi. Quand tu auras entendu une voix qui te donnera ça. Intérieurement, tu essaieras de le répéter »
« Comprendre au théâtre, c’est sentir, éprouver physiquement. Cela n’a pas à voir avec l’intelligence, comme on l’entend !«
« Le sentiment est une impulsion qui disparaît dans l’énonciation de la phrase qui vient comme une libération de cette énergie. Les sentiments sont des appels successifs dont le texte n’est finalement que le prolongement. »
3. L’alexandrin : la quintessence de la langue française
Exemple: Andromaque de Racine
a. Pieds et longues et accents et rimes
——-> Tous les mots finissant par « e » = avant dernière syllable= longue
!!! Mais pas que ! Ex: lueur, mort etc….
———> rimes féminines terminent par e
toutes les autres = rimes masculines
Songe, songe, Céphise, à cette nuit cruelle
Qui fut pour tout un peuple une nuit éternelle ;
Figure-toi Pyrrhus, les yeux étincelants,
Entrant à la lueur de nos palais brûlants,
Sur tous mes frères morts se faisant un passage,
Et de sang tout couvert échauffant le carnage
b. Diérèses
——-> Hermiiii-one, préciii-eux
Comment le dire ? Faire une légère longue sur la syllable.
c. Rejets (retour à la ligne), enjambements
——-> il y a conflit entre vers et la phrase « … encore// Ce fils »
Il faut faire entendre l’enjambement, car voulu par l’auteur. Suspendre légèrement donc lorsqu’on arrive à la fin du vers.
ANDROMAQUE
Ah ! de quel souvenir viens-tu frapper mon âme !
Quoi ? Céphise, j’irai voir expirer encor…
Ce fils, ma seule joie, et l’image d’Hector ?
d. Hémistiches = césures 6/6 … ou pas ?
Il n’y a pas de règle ! Surtout ne pas s’arrêter systématiquement à l’hémistiche: c’est cela qui va produire cette musique désagréable du vers.
Le vers, on le casse comme on veut ! POURVU qu’on donne à entendre l’unité du vers = il faut entendre que c’est un vers, c’est-à-dire une phrase continu avec une rime.
PYRRHUS
Pourquoi me forcez-vous vous-même //à vous trahir ?
Au nom de votre fils,// cessons de nous haïr.
À le sauver enfin, // c’est moi qui vous convie.
Faut-il que mes soupirs //vous demandent sa vie ?
Faut-il qu’en sa faveur //j’embrasse vos genoux ?
Pour la dernière fois, //sauvez-le, //sauvez-vous.
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