Respiration abdominale : méthode en 3 étapes et exercices grâce à l’ancrage

A destination des comédiens et à tous ceux qui prennent la parole.
(mise à jour le 16/10/26)

Un énième article sur la respiration abdominale ?

Non…

J’ai vu trop de personnes, dont des comédiens,
à qui on avait mal enseigné cette respiration… et qui peinent à l’appliquer.

Je vous propose ici une méthode bien différente de celles qu’on peut trouver,
car, oui, il existe une manière simple et rapide pour y arriver
et sans se prendre la tête et se surveiller !

Le SECRET ?

C’est L’ANCRAGE

La manière la plus simple pour activer la respiration ventrale,
c’est de chercher l’ancrage.

  1. SOUPIRER OU BAILLEZ PROFONDÉMENT : le thorax s’ouvre et le diaphragme descend tout seul dans le ventre.
  2. POSTURE – ANCRAGE : genoux sur ressorts, poids du corps dans les jambes, épaules relâchées. On « retourne le sablier ».
  3. L’EXERCICE DE LA BOUÉE : vider le ventre sur un long « ffffff », puis le relâcher d’un coup, le haut du corps restant plié.

LA CLÉ : on ne pense pas à respirer, on s’ancre. La respiration devient abdominale d’elle-même.

SOMMAIRE

La respiration abdominale (ou ventrale) est la respiration naturelle du corps : le diaphragme s’abaisse comme un piston et les poumons se remplissent par le bas. C’est ainsi que respirent les bébés, et c’est elle qui permet une voix placée et une vraie présence.

  • L’inspiration = j’inspire ce qui me vient du monde (les émotions etc..)
  • L’expiration = ma réponse à celui-ci (ma réaction, l’énergie que j’y mets)

La respiration abdominale est la respiration que l’on utilise instinctivement, dès la naissance.

La Nature nous dote dès la naissance d’un organisme respiratoire et vocal en parfait état de marche, d’une puissance extraordinaire et au potentiel incroyable.
Il suffit de regarder les bébés : ils ont tous une respiration abdominale. Ils font fonctionner à plein régime leur centre, la région de l’abdomen. D’où leur présence et leur charisme naturels.
Leur voix est placée : ils auront beau hurler toute la nuit, ils ne se casseront jamais la voix… et quelle puissance !

Le souffle prend appui sur le diaphragme. Situé sous les poumons, il s’abaisse et se relève comme un piston puissant. Les poumons se remplissent par le bas : la respiration est basse.
La voix rebondit alors sur le diaphragme, qui agit comme un trampoline, et se propulse dans la colonne d’air avant de remplir tout l’espace.

Plus tard, lorsqu’il se met debout, soumis à l’attraction terrestre, l’enfant va sauter. Il prend appui sur le sol, et ses jambes « pèsent » plus lourd que le haut de son corps.
Il « sait » que c’est dans l’appui sur le sol que l’homme puise sa puissance et son énergie. Nous habiterions une autre planète, ce serait tout à fait différent !

La posture terrienne naturelle, donnée au départ de la vie, réside donc dans un double rebond, un double ancrage :

  • les jambes rebondissent sur le sol : l’ancrage
  • la voix rebondit sur le diaphragme : la respiration ventrale
Schéma respiration haute : la mauvaise posture

L’enfant, dans ce cas, va flotter, il n’aura plus de sol sûr. Si l’altération de l’organisme est importante, il se sentira fragile, exposé. Il ne sera plus ancré, aura du mal à prendre son « territoire », sa place. D’où stress, anxiété, manque de confiance en soi etc.

Retrouver la respiration abdominale, et donc sa place, son ancrage et sa voix naturelle, c’est retrouver une présence authentique et puissante.

Les bénéfices seront nombreux :

  • un rythme cardiaque régulé,
  • une plus grande relaxation,
  • une confiance en soi boostée,
  • une gestion parfaite des émotions (dont le trac et le stress)
  • une plus grande présence, un rayonnement vocal et existentiel face aux autres et au monde.

Le net regorge de vidéos en tout genre sur cette fameuse respiration ventrale.
Surtout lorsqu’il s’agit de formation en prise de parole.
Des milliers d’exercices sont proposés.
On nous parle de méditation.
De yoga.
De sophrologie
etc…..
La liste est longue ! Comment s’y retrouver ?

De trop nombreuses personnes viennent me voir, découragées:

  • « Je n’arrive pas à respirer par le ventre lorsque je parle ou je joue »
  • « Cela ne marche pas : mon stress ou mon trac est toujours là », « 
  • « Je n’y arrive pas, c’est trop compliqué »,
  • « J’ai fait de la sophrologie, mais je ne progresse pas »,
  • « La cohérence cardiaque diminue mon stress, mais il est encore là »,
  • « J’inspire, j’expire comme on me l’a appris mais ça me prend la tête », etc.

Eh bien, dans ces cas-là, si vous le permettez, laissez-moi vous dire une chose :
Qu’elle soit mal enseignée (cela arrive) ou mal pratiquée, ce que je constate est toujours identique : on se prend la tête. On se triture le cerveau.

On veut « bien faire », comme un bon élève, on se concentre, et donc on se surveille et… on va droit à… l’échec !

Respirer sans réfléchir

Vouloir « bien faire » est paradoxalement le meilleur moyen de ne pas y arriver.
Notre respiration était instinctive au départ de la vie.
On ne retrouve pas un instinct en voulant le contrôler !
On retrouve un instinct en lâchant prise.

Cette plainte trop souvent entendue : « Je n’arrive pas à respirer par le ventre lorsque je parle ou je joue »…
Eh bien tu m’étonnes ! Figure-toi que moi non plus ! On ne peut pas penser à son ventre et parler ou jouer en même temps ! C’est impossible…

La respiration ventrale doit se faire sans effort mental ! elle est mise en place justement pour nous « vider » de notre mental. Pour nous reconnecter avec un mécanisme instinctif. Pour retrouver les instincts premiers, le lâcher prise que nous avions au tout début de notre vie.

​

En retrouvant la posture naturelle et terrienne de notre corps !

La respiration ventrale se rétablit tout seule si nous modifions notre posture.

Nous vivons sur la terre, soumis à la gravitation terrestre. il s’agira donc de retrouver un corps naturel :

  • le bas est plus lourd que le haut, je suis ancré
  • les épaules ne sont jamais levées
  • et la tête, plus lourde que le cou, va naturellement s’incliner légèrement vers le bas.
  • je rebondis sur le sol, souple, les genoux déverrouillés

Surtout bannir le « se tenir droit » !

Une fois cette posture rétablie, la respiration deviendra naturellement abdominale, sans effort !

Et ma voix se placera facilement sur mon diaphragme !

Les deux respirations: haute et basse

Vous venez de réaliser une respiration profonde. Soyez attentif à ce qui se passe. Vous sentez que tout le haut du corps est semblable à une grande fenêtre qui s’ouvre. Un immense courant d’air.
Le thorax est libéré, la colonne d’air aussi. Le diaphragme descend.

Vous pouvez lâcher un « Baaaaa », bien profond qui résonne dans le ventre. Le son sort du ventre, on parle avec le ventre. Arrivé à cette étape, vous êtes à deux doigts de placer votre voix !

Ici, cette fiche technique : je place ma voix >>

Retourner le sablier !

La bonne respiration naturelle: la respiration ventrale, abdominale

Objectif: vider le haut du corps doit être vide. Il n’est d’ailleurs que de la « tuyauterie » !
Les jambes, par contre, sont lourdes.

Afin d’y arriver, refaites le grand soupir. Lâchez totalement les épaules. Pliez les genoux. Mettez-les sur des ressorts. Rebondissez légèrement en faisant tomber tout le poids de votre corps en bas. Remplir ses jambes.
Avoir la sensation qu’elle s’épaississent. Ayez la sensation d’être assis sur l’air, dans votre territoire. Ancrez-vous.

Afin d’enlever toute tension, imaginez que vous êtes très fatigué: ceci est une très bonne astuce pour décontracter tous les muscles inutiles.

1. Visualisez votre abdomen comme une bouée. Posez vos mains sur votre ventre.
Veillez à garder votre posture, épaules baissées.
2. Videz-là en expirant lentement et en émettant un long : « fffffffff… » jusqu’à ne plus avoir d’air.
Le corps naturellement petit à petit se voûte, le dos s’arrondit. Le haut du corps se replie sur lui-même. Bloquez une seconde.
3. Puis, relâchez rapidement le ventre, tout en maintenant le haut du corps plié comme un accordéon (aucun air ne doit y rentrer). La bouée (le ventre) se gonfle d’un coup.
Astuce : imaginez-vous nageant sous l’eau. Vous êtes à court d’oxygène. Remontez rapidement à la surface et prenez un bol d’air: vous avez réussi ! Vous avez fait instinctivement une respiration ventrale !
4. Bloquez l’air à nouveau et recommencez, tout en veillant à ce que l’air ne rentre que dans la bouée et que tout le haut du corps reste plié comme un accordéon.

Voilà ! vous avez compris.
Recommencer: dégonfler/gonfler votre bouée à votre rythme en aspirant un peu plus lentement.

Attention ! Toujours commencer par l’expiration ! jamais par l’inspiration.

A présent, vous êtes prêt à:
✅ Vous débarrasser du stress ou du trac et de toutes vos émotions négatives

fiche pratique : gérer mon stress >>>
gérer mon trac (pour les comédiens) >>>

fiche pratique : placer sa voix >>>

fiche pratique : reprendre confiance en soi>>>

fiche pratique : Les 7 règles d’or de la prise de parole

Si vous n’y arrivez pas, c’est probablement parce qu’on vous a mal enseigné la technique ou parce que vous essayez de trop réfléchir. La respiration abdominale ne doit pas être cérébrale ! Elle doit être instinctive. Vérifiez ceci : bâillez profondément en mettant la main sur votre ventre ou poussez un grand soupir. Vous êtes déjà en train de respirer ventralement sans y penser ! Lorsque vous êtes allongé, l’instinct reprend le dessus: vous respirez par le bas ! pour la maitriser, je propose ci-dessus l’exercice de la bouée qui est très efficace.

La respiration thoracique (haute) utilise uniquement la partie supérieure des poumons. L’air reste bloqué dans le haut du corps, les épaules se lèvent, et vous êtes coupé de votre centre. La respiration ventrale (abdominale) engage le diaphragme comme un piston. L’air descend profondément, le ventre se gonfle, et vous êtes ancré, centré. C’est la respiration naturelle des bébés et de tous les mammifères.

Oui, la respiration abdominale aide à mieux gérer le stress et le trac. Elle favorise une respiration plus profonde et plus calme et permet au comédien de retrouver un appui corporel lorsqu’il se sent envahi par le stress. Dans ma méthode, elle est directement liée à l’ancrage : plutôt que de lutter contre le trac ou de chercher à supprimer les sensations provoquées par le stress, on retrouve un corps stable, disponible et respirant. C’est cette disponibilité qui permet de continuer à jouer.

Posez une main sur votre ventre et une main sur votre poitrine. Commencez par expirer: le ventre « rentre », puis inspirer : le ventre seulement se gonfle comme une bouée. La main sur la poitrine ne bouge presque pas. Si vos épaules se lèvent ou si seule votre poitrine se gonfle, vous respirez encore de manière thoracique. Recommencez l’exercice de la bouée en gardant le haut du corps « plié comme un accordéon ».

Oui, mais cela doit devenir automatique ! Vous ne pouvez pas « penser » à respirer tout en parlant. Le secret ? Alourdir le bas de son corps et placer sa voix : parler avec le ventre et les jambes !
Je ne dois « penser » qu’à cela quand je parle.

Pas tout à fait. La cohérence cardiaque est une technique qui utilise un rythme respiratoire spécifique (généralement 6 respirations par minute) pour réguler le système nerveux. La respiration abdominale, elle, est la manière dont vous respirez : en utilisant le diaphragme et le ventre. Vous pouvez pratiquer la cohérence cardiaque avec une respiration abdominale pour des résultats optimaux, mais ce sont deux approches complémentaires.

Ces méthodes sont excellentes, mais elles peuvent parfois être trop cérébrales : on vous demande de compter, de visualiser, de contrôler… ce qui crée un paradoxe : si je veux réveiller un instinct, je ne dois pas utiliser mon mental ! . La méthode présentée ici est différente : elle court-circuite le mental en s’appuyant sur vos réflexes instinctifs (bâillement, soupir, sensation de manquer d’air). C’est plus direct et plus efficace pour ceux qui se « prennent la tête » avec les techniques traditionnelles.

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