Placer sa voix parlée : exercices et méthode
Ceci est un aperçu de ma méthode personnelle de technique vocale..
Cela fait plus de 20 ans que je l’enseigne
et je dois dire qu’en deux seules séances,
cette méthode produit des résultats assez bluffants.
Cette méthode est suivie d’exemples d’échauffements
individuels et collectifs que je pratique le plus souvent.
Beaucoup de voix ne sont pas placées : une voix trop aigüe, une voix faible, une voix voilée, coincée dans la gorge etc…
Combien d’entre nous n’apprécient pas particulièrement de s’entendre. Et rêvent d’acquérir une voix puissante, ronde et rayonnante.
Si vous n’aimez pas votre voix, c’est justement parce que vous ne vous y reconnaissez pas.
Et vous avez raison !
La vie, les micro traumatismes que nous avons vécus ont altéré, au fil du temps, notre voix naturelle. Celle-ci s’est déplacée du ventre vers la gorge, car la vie nous a déplacé de nous-mêmes.
Ici, nous allons apprendre à la replacer.
Je vous livre ici les grandes lignes de ma méthode.
Une voix placée est une voix naturelle
La voix placée ne se fabrique pas : elle se découvre.
Tous les bébés naissent avec une respiration ventrale et une voix placée ! Leur voix est puissante et libre. Ils ont beau hurler toute la nuit, ils ne se cassent jamais la voix.
Une voix placée est une voix naturelle, produite par un organisme naturel, un corps libéré de tout freins et de toutes entraves.
Il s’agira donc de retrouver sa voix naturelle.
Ce moment où l’on entend sa vraie voix est toujours magique.
Un peu comme une renaissance à soi-même !
Comment s’y prend-on ?
Pour poser sa voix, il faut apprendre à se poser soi-même.
Pour retrouver sa voix naturelle, il suffira de rééduquer l’organisme.
Le remettre à l’endroit !
II faudra donc retrouver son ancrage, sa respiration, ses appuis et tout cela, dans la détente. Ainsi la voix viendra se placer et se développera sans forcer.
Un petit schéma décrit la posture qu’on cherche :

Un corps à l’endroit est caractérisé par un double appui/rebondissement, le tout s’alignant sur son axe vertical.
- l’ancrage : les pieds prennent appui sur le sol
- respiration ventrale : la respiration et la voix prennent appui sur le diaphragme
Placer sa voix n’est donc qu’une question de posture !
Pour ceux qui veulent creuser le sujet, j’ai rédigé ici une fiche pratique qui simplifie énormément l’apprentissage de ce double appui. Je vous recommande de la lire : c’est enfantin !
Mais dans ce qui va suivre, nous travaillerons tous ces fondamentaux !
Comment placer sa voix parlée en 5 étapes
Les étapes
1. Préparation du corps et de la colonne d’air
- On ne parle pas assez du rôle crucial des genoux dans la respiration ventrale et le placement de la voix. Les genoux doivent être sur des ressorts, déverrouillés et souples. Garder, tout le temps de l’échauffement et exercices, cette position. Les jambes sont alors toujours légèrement fléchies, les pieds ancrés dans le sol. Les épaules sont relâchées.
- Relaxation du visage, des mâchoires et de la nuque. Baillement: on observe ce qui se passe (décollement des mâchoires, ouverture verticale de la bouche, la colonne d’air s’élargit, la respiration est profonde)
- La mâchoire tombante, un index maintenant la mâchoire du bas, on articule chaque voyelle, une à une. On remarque le rôle cruciale de la langue. Les lèvres ne doivent pas bouger. Visage « bête ».
- Les voyelles nécessitent de l’espace dans la bouche. Elles ont besoin d’espace extérieur pour se développer et « voyager » et résonner dans les résonateurs.
- Le visage totalement relâché, on lâche un « baaaa » profond qui vient du ventre. Laissez vraiment chuter le son dans le ventre. Il va être grave: c’est normal ! On le laisse résonner dans le ventre. On essaie de l’asseoir, comme si l’on avait un fauteuil confortable à l’intérieur du ventre. On sent l’assise du fauteuil et on assoit confortablement la voix dessus.
- Les genoux sur des ressorts, la mâchoire inférieure relâchée, le corps très souple, lâcher un « BAAAA » ou « AAAA » en faisant des « vagues » avec les bras, le tronc. Veiller à conserver l’ancrage.
- On « creuse » le sol avec des moulinets. Le son « A » est alors projeté en avant/arrière. On rajoute des « y » dans le son. Puis: « AYA » répété d’une manière continue. On s’exerce sur d’autres syllabes.
ASTUCE: Je dis souvent à l’élève de se sentir « fatigué » du haut du corps. On joue la fatigue, les épaules baissent, cela apporte plus facilement une meilleure détente que de dire seulement: « Détends-toi »
2. Préparation du diaphragme
- Prendre conscience, la main sur le ventre du rôle du « piston ». Prendre conscience que la puissance du son vient du sol. Le diaphragme est notre sol intérieur.
- La bouée. Respiration ventrale. Etonnement: ah ! inspiration brève, les genoux se plient, les bras s’écartent.
- Travail sur les consonnes. Les faire claquer.
- Les consonnes doivent être expulsées le plus violemment possible, avec rage et colère, les genoux légèrement pliés, comme « assis » sur l’air. Les cigales : ts ts ts ts ts . La locomotive : tch tch tch tch tch. Faire taire un gamin en l’imaginant tout petit: chuuuut ! chuuuut !
3. Le son : l’émission vocale
- Les voyelles sont du côté de l’espace, de l’air, de la communication. Elles se propulsent loin devant. Leur donner tout l’espace dans la bouche. Les consonnes sont du côté de la puissance: on prend appui sur le sol (extérieur: la terre et intérieur: le diaphragme). Tout mouvement prend appui sur le sol.
- Faire rebondir, en s’accompagnant d’un bras, une balle avec violence contre le sol, genoux souples et rebondissant à chaque fois: PAY ! TAY ! KAY ! Changer les voyelles: PAAA ! TEEE ! Les consonnes claquent avec rage sur le sol. Rage joyeuse. Lâcher totalement le son sur les voyelles. Ne pas les guider, ne pas vouloir, les laisser libre de voyager: la main se lèvera en accompagnant le reste du son. Viser loin, traverser les murs, laisser le son s’éteindre au loin. Ricochets à la surface de l’eau.
- Prendre conscience que la puissance est dans l’impact, le reste suit.
- Refaire les même exercices cette fois avec des moulinets des bras qui « creusent » de chaque côté du corps. Genoux rebondissant.
- Prendre conscience que le corps doit toujours être souple, rebondissant, bien ancré, relâché: jazzy. Plus il est jazzy, plus le son sera puissant et beau. Et surtout jamais de lignes droites: toujours courbes. Un des deux secrets du beau son et du corps « juste » – le premier étant le déverrouillage des genoux.
4. Les premiers mots
- Refaire les exercices en les appliquant à des mots avec des consonnes qui claquent et des longues: PAPA, TAPA, PERE, PARLE etc… et à chaque fois, bien frapper le sol sur la consonne avec une rage joyeuse. Sans la rage, le son sera faible. La joie est primordiale car elle détend tout le corps et cherche à communiquer positivement.
- Si le son et le corps est étriqué ou raide: avant d’émettre le son, bouger les membres dans tous les sens d’une manière jazzy et dessinant des courbes, tout en restant bien ancré dans le sol, puis attaquer le son. Cela permet aussi de ne pas réfléchir, de ne pas être dans le mental.
5. Une première phrase: « Je te parle »: exercice à deux
- Dans cet exercice, nous découvrons comment se fait un accent: frapper le sol et découvrons les longues et les brèves, en les exagérant au maximum.
- Nous nous amuserons à déplacer l’accent: « Je te PARle », « Je TE parle », JE te parle ».
- Seule la syllabe accentuée doit l’être. Les autres sont dites « par dessus la jambe »
- Rajouter des flèches qui viennent traverser le partenaire. La phrase, les mots deviennent des flèches. Bien s’assurer que la flèche ne s’arrête pas avant le partenaire, ni sur lui mais le traverse pour aller loin derrière lui.
- Lorsque l’exercice est bien effectué, et que l’on atteint le naturel, on peut passer à des phrases courtes ou à un texte.
ATTENTION
De nombreuses personnes se désespèrent de la difficulté
qu’il y a à utiliser la respiration ventrale en parlant.
La clé:
Lorsqu’on parle,
il ne faut pas penser RESPIRATION
mais: APPUI
Si je fais REBONDIR ma voix, je serais dans une respiration ventrale sans avoir à y penser !
Les échauffements vocaux
Pour s’entrainer, voilà les échauffements individuels et collectifs que je pratique.
Respiration ventrale et musculation de diaphragme “Chut” fort, en colère. “Tch tch tch”, “ssss” etc…
Faire rebondir une balle devant soi: “Tay” “Kay”. L’accompagner du bras. Le son voyage au lointain, comme ricochet. Privilégier les consonnes qui claquent.
Lancer de flèche au ralenti. Pied droit devant, élan arrière, projection de flèche. Projetez des syllabes avec des consonnes qui claquent et en allongeant les longues. Tenir le geste. Imaginer que la flèche traverse de part et d’autre le partenaire, traverse aussi le mur derrière lui !
Le territoire, deux à deux: Regarder le partenaire dans les yeux, bien s’ancrer, et comme dans les westerns, le défier. « Moi ! « : on plante 2 flèches à la verticale dans le prolongement de son corps. Ces 2 flèches délimitent mon territoire. Puis, en le désignant, doigt pointé, on lance une flèche, en le défiant: « Toi ! ». L’autre est sommé de ne pas approcher. Puis on marche dans l’espace en transportant son territoire avec soi.
Exercice collectif: les élèves se mettent en ligne, au fond de la salle, tournant le dos au public. Chaque élève passe: il se détache du groupe, se met à une certaine distance de la ligne de ses camarades (près du public) et envoie une flèche à l’un d’entre eux en lançant: « Je t’appelle, toi ! / je te parle » (ou ce qu’on veut). Celui qui se sent interpellé se retourne.
Cet exercice est vraiment passionnant: il permet de travailler, pour l’élève qui interpelle, l’adresse, la précision et l’énergie qu’il y met. Et pour celui qui reçoit, sa capacité d’écoute et surtout sa confiance en lui (est-ce bien moi qu’on appelle ?)
Dynamisme et lâcher prise: Les élèves marchent en occupant tout l’espace du plateau, d’une manière dynamique. L’un d’eux (qui veut) s’arrête et avec tout le corps, levant le bras, lâche un « HEY » bien sonore, adressé à tout le groupe. Tout le monde s’arrête et reprend son cri.
Jeu sonore: En cercle, chacun son tour lance un son « facile » (une consonne + une voyelle longue) avec un geste qui libère tout le corps. Le geste doit avoir un début et une fin et doit être très précis. Le groupe reprend geste et son en choeur.
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Nous pouvons réserver une séance ensemble.
Une seule séance est suffisante pour corriger sa posture et placer sa voix.
Vous repartirez avec un training sur mesure afin que cette nouvelle posture
vous devienne peu à peu naturelle !
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Laissez un petit commentaire… cela fait toujours plaisir !

Un grand merci pour tous vos conseils et exercices, nous sommes une troupe amateurs de 12 personnes en Gironde et à tour de rôle nous préparons des exercices pour animer notre atelier du mercredi soir …avant de nous lancer dans la préparation d’une pièce.
Merci d’avoir pris le temps de laisser un petit commentaire: cela fait plaisir de voir que mes outils sont emparés par d’autres ! M… M… M… pour votre spectacle ! si jamais vous avez besoin d’un coup de pouce même pour une seule séance, n’hésitez pas, je le fais souvent: aide à l’écriture, à la mise en scène etc..
Je découvre votre site et je vous remercie vraiment de mettre à notre disposition des conseils et des exercices à réaliser.
Responsable d’une petite Cie amateure, je suis parfois à court d’idées.
Merci, cela m’aide beaucoup
Merci ! 😚
Bonjour !
Je commence l’animation d’atelier théâtres avec des enfants et ados, je suis en recherche d’exercices signifiants, ancrés dans le réel et l’imaginaire, ça fait deux jours que je retombe systématiquement sur votre site, ça m’inspire bien ! Dites moi quand vous ferez un livre sur la voix au théâtre ! 🙂
Ravie de lire que ma prose vous inspire ! 😉 Ah un livre sur la voix au théâtre: riche idée ! oui cela me plairait, il faut juste que je trouve le temps.
Merci de votre commentaire !
Merci pour vos bons conseils. J’étais à la recherche d’une méthode pour aider des amis conteurs à placer leurs voix. Je suis conteuse et comédienne amateur.
Ravie que mes conseils aient pu vous aider ! Pas facile de coucher par écrit tout cela 😉