Comment jouer un personnage au théâtre ?

Comment jouer un personnage de théâtre ?

Idées reçues et méthodes

Les comédiens se prennent souvent la tête à propos de la cosntruction de leur personnage.

Voilà un guide pour vous simplifier le travail !

Prenez le temps de lire: un secret vous sera dévoilé à la toute fin !

Tout d’abord: nettoyer, défaire toutes les idées reçues sur la construction du personnage de théâtre.

Oui et non. 

Non car même si vous maîtrisez analytiquement votre personnage, cela peut ne vous aider en rien à le jouer.

L’analyse et le jeu sont deux niveaux différents. 

Je peux analyser une partition de musique dans ses moindres détails avec beaucoup de finesse : cela ne me fera pas de moi un bon interprète !

La seule analyse correcte du personnage est une analyse organique. 

Le corps le mental et l’imaginaire. 

Les trois ensemble. 

Pas vraiment. Il existe sur le papier. Il va exister dans la tête des spectateurs. C’est vous qui existez. 

Le personnage est une construction fictive. C’est une fiction. 

Pas vraiment. La première étape c’est la lecture du texte et de ses répliques. 

Le personnage est sur le papier.

La première étape et donc de lire lentement ses répliques. 

L’auteur est le créateur de du personnage. Il a laissé des traces, à nous de nous en emparer. 

Il faut mettre nos pieds dans les pas de l’auteur et avancer pas à pas. 

Un peu comme des archéologues qui essaie de reconstituer, à partir de signes, ce qui a existé. 

La première étape est donc une lecture à voix haute. Lecture organique qui met en jeu le corps, le mental et l’imaginaire. 

Ensemble. 

Ce n’est donc pas une lecture analytique, ni une lecture neutre, mais une lecture fidèle, attentionnée et cependant subjective puisque la lecture va déclencher automatiquement de l’imaginaire. 

C’est ce cette lecture organique du texte que peu à peu surgira le personnage.

Il n’y a pas d’autre méthode.

Comment ya arriver ?

Tout est expliqué en détail ici.

Dans un 1er temps, cela n’est absolument pas nécessaire. Si on a affaire à une grande écriture, la scène est assez riche, pour « contenir » un personnage complexe. 

Là-dessus, il faut entendre ce que Brecht en dit. Il met l’accent sur la discontinuité, le fragment.

Un personnage vivant est multiple et contradictoire, car la vie l’est.

Qui suis-je ? Il faudrait une vie entière pour y répondre. De plus, je suis en mouvement perpétuel. Ce que je suis à un moment précis n’est plus valable à un autre moment. 

Je peux être totalement différent selon les situations.

Chaque scène décrit une situation. Dans cette situation le personnage réagit d’une telle façon.

Un personnage = la somme de tous ses comportements. 

Tout ce que je sais de ce personnage, c’est qu’il réagit de cette façon dans cette situation. Les scènes doivent être donc travaillées indépendamment des autres.

C’est le public, qui va suivre le fil de l’histoire, qui va créer le personnage. 

Il faut travailler chaque scène comme si c’était une pièce. La travailler à la loupe.

Rester donc très proche de l’écriture de l’auteur, pour ne pas faire de contre-sens, et pour éviter les clichés ou les lectures simplistes. 

Surtout pas ! l’émotion vient en dernier ! Elle est produite par les circonstances.

Chercher l’émotion d’abord, chercher l’état conduit à appauvrir le personnage, le texte et la situation. Et aussi source de contre sens.

Le texte est toujours plus grand que nous ! A fortiori donc, le personnage !

Il y a des cours de théâtre dans lesquels on commence par demander aux élèves de constituer la « fiche du personnage ». C’est extrêmement dangereux, car on le fige.

Il faut laisser l’esprit vagabonder., au gré des répétitions et les lectures de la scène. Ne pas enfermer tout de suite un personnage dans des catégories.  

Le mot latin « persona » signifie « masque ».

Les Romains l’ont ensuite rattaché au verbe personare : per- (à travers) et sonare (résonner), ce qui signifie « parler à travers » ou « faire résonner la voix à travers le masque ».

Du masque au rôle : par glissement de sens, le mot a désigné le rôle joué par l’acteur, puis le personnage juridique et social de l’individu, pour enfin donner naissance au mot français personne.

Il est intéressant de constater que, étymologiquement donc, le personnage « contient » deux entités: l’acteur et son masque.

L’acteur est derrière son masque.

C’est cela qui produit le personnage.

Autrement dit, il faut être deux.

C’est le fameux paradoxe de Diderot.

Il y a le comédien et son personnage.

Le comédien, à la différence du peintre ou de l’écrivain, ne dispose que d’un seul matériau: sa propre personne, et plus précisément son corps et sa voix, qui est la partie visible, et son imaginaire, son mental, la partie invisible.

Le comédien est à l’image de ce sculpteur lequel, à l’aide de ses mains, va donner une forme à sa glaise.

Le comédien est à la fois le sculpteur et la glaise.

Il y a donc deux éléments:

Un sculpteur et une glaise. Vous et votre corps (la voix en faisant partie).

On peut dire, qu’à la limite, le personnage = votre corps et pas autre chose.

UNE IMAGE AUSSI TRÈS PARLANTE: LA MAIN (le sculpteur) ET LE GANT (le personnage)

Avec cette métaphore du gant ou du sculpteur, on voit que le personnage est comme devant soi.

Nous ne fusionnons pas avec lui totalement. Si c’était le cas, nous perdrions la maitrise du jeu. Nous perdrions conscience, du plateau, du public, du fait que nous sommes dans un théâtre et que tout cela n’est qu’un jeu.

Et pourtant…

Les vases communicants sont grands entre lui et moi. Je le nourris de ce que je suis. Ca circule entre lui et moi. Son carburant émotionnel vient de moi.

Une autre figure explique cela très bien: la marionnette.

Lorsque je joue un personnage, je suis le marionnetiste.

Je ne me confonds pas avec la marionnette totalement.

Je la fait respirer, parler et sentir. Je la manipule.

Je la fais vivre.

Je regarde avec ses yeux, je vis à travers son corps. Mais je ne suis pas elle.

Si c’était le cas, nous serions en transe, un pied dans la folie.

Non, le comédien reste un artiste, un créateur.

Pour cela, il faut qu’il soit totalement libéré.

Le personnage est toujours plus grand que moi.

L’oeuvre est toujours supérieure à celui qui l’a crée.

Pour que le comédien puisse créer, il doit posséder un organisme (mental et corps) totalement libre: pas de tensions ni de blocages intérieurs et extérieurs.

La glaise (ou la marionnette) doit être totalement souple et malléable.

Si le gant n’est pas en cuir souple et extensible, on est très limité: on ne ressent rien, le personnage non plus, et encore moins le public: on est à l’étroit, nerveux, petits gestes anecdotiques.

D’où le rôle crucial de la technique.

La technique, c’est ce qui transforme mon organisme en glaise.

QUelque soit le personnage qu’il joue, le comédien doit être aussi souple qu’un animal. Il est ancré, souple et à l’intérieur, il respire, est apaisé. Ses mouvements sont libres d’écrire ce qu’il veut dans l’espace. De sculpter n’importe quel personnage.

Même si le personnage est étriqué, le comédien respire et reste ample, souple.

C’est paradoxal, mais c’est la condition pour qu’il puisse jouer.

Dès que vous cherchez à raconter votre personnage, tout devient si simple ! essayez et vous verrez !
La plupart des difficultés tombent !

Ceci n’est pas une astuce. C’est une vérité profonde du théâtre.

Rappelez-vous comment est né le théâtre: le masque.

L’endroit du comédien est celui du conteur.

Dans la vie, lorsqu’on raconte une histoire, on se met à jouer tout naturellement les protagonistes de l’histoire, avec une immense facilité, sans se prendre la tête. Nous les jouons, et parfois à la perfection, sans toutefois devenir le personnage: nous restons toujours nous-même.

Au théâtre, il faut pouvoir trouver cet endroit-là.

C’est un endroit d’extrême liberté et de joie aussi !

Comment un personnage se crée et s’invente ?

Le comédien, c’est du corps, de l’organique.

Le corps = fenêtre immense de sensations, émotions et d’imaginaire.

Ce corps doit être totalement poreux. Ce sont des « yeux » – partout. Et c’est grâce à cette porosité, que je vais « trouver », être inspiré.

Si vous n’êtes pas dans cette respiration-là, lement vous allez être limité pour jouer, mais votre jeu va être faux, plaqué.

La technique est donc la condition première.

Le comédien, à partir du texte qu’il a à jouer, va créer une réalité : il projette des images avec son cerveau. Et fait naître du concret sur le plateau.

Il va avancer pas à pas, texte en main.

Son travail ?

Trouver ce qui fait surgir la réplique. Trouver ce qu’il y AVANT chaque mot, chaque phrase. Et que chaque mot, chaque réplique soit concret.

Pour que le texte sorte naturellement. Ne se fabrique pas.

Soit vrai.

Le « personnage » se créera ainsi, pas à pas, au fur et à mesure des répétitions.

Tout naturellement.

Le comédien « drivera » alors son personnage, mais ne se noiera pas dans lui. Il aura sans cesse la liberté de le faire réagir, agir, parler etc.

C’est ce que Vitez appelait le « mentir vrai ».

Nous sommes à l’endroit du conteur: le comédien expérimente ce que l’autre vit et le transmet.

Pour un exemple concret, je vous renvoie à un exercice que j’ai fait faire à une comédienne, dans mon cours, afin qu’elle « trouve » son personnage. Il s’agissait de Elisabeth dans Richard III de Shakespeare.

Vous le trouverez ici :

Méthode et conseils pour comédiens pour progresser seul >>

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Astuces pour gérer son trac en quelques minutes

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Les pièges de l’émotion.

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Idées reçues et méthode NOUVEAU !

✅  Le monologue de Nova
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À Suivre…
(mise à jour le 5/09/26)

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