LE SONGE
d’après le Songe d’une nuit d’été
de W. Shakespeare
Reprise les 4-5 octobre 2025
La billetterie est en ligne !

Mise en scène Yaël Bacry
avec :
Melchior Carasso
(Obéron, Démétrius, Marvel, une fée, le Mur )
Corinne Chale
(Bottom, Pyrame)
Laure-Anne Chiche
(Héléna, la Fée, Titania, Puck, Anette)
Michaël Cousteau
(Egée, Puck, Flûte, une fée, Thysbé)
Ludo Corbin
(Thésée, Obéron)
Eolia Cunniet
(Hermia, une fée)
Yohan Denizot
(Lysandre, Puck, Snug, une fée, le Lion)
et Anette Hirsch
(Hippolyta, Titania, Anette, Puck)
Production Mill’artistes
Création au Vent se lève – Juillet 2025
Une des plus grandes comédies du grand William, dans laquelle réalité et songe ne cessent de se jouer des tours si bien qu’on ne sait plus si le réel est illusion ou l’illusion, la seule réalité…
Une comédie déjantée. A world out of joint. Ou plutôt: love out of joint.
La comédie la plus baroque de Shakespeare: trois histoires en une ! deux jeunes amoureux fuient pression parentale pour vivre leur amour dans la forêt sauvage, rejoints par deux autres jeunes gens poursuivant chacun les deux premiers – par amour.
Une querelle de couple entre le roi des elfes et la reine des fées qui tourne mal. Et enfin, une troupe d’artisans amateurs dits « foireux » préparant une pièce en vue de la jouer au mariage d’un prince.
Tout ce beau monde se retrouve dans la forêt, laquelle devient un gigantesque terrain de jeu sauvage et débridé et un lieu d’enchantements et de métamorphoses, spectacle jubilatoire pour le grand plaisir du lutin malicieux et en quête d’aventure qu’est Puck.
Une comédie de jeunesse, débridée, ludique, surréaliste, profonde comme ces miroirs qui nous réfléchissent, poétique à souhait et diablement inventive.
Le Songe: une formidable machine à jouer !
NOTES DE MISE EN SCENE (MARS 25) >>
NOTES DE MISE EN SCENE (MARS 25)
Pourquoi le Songe ?
J’aime me confronter à ce qui me fait peur, ce que je ne saisis pas. Pour moi = la pièce la plus difficile de Shakespeare
Tj reculé le moment où j’allais m’y confronter.
Or c’est le moment.
Est-ce une pièce uniquement sur le désir sexuel ?
Si oui, je ne suis pas sans doute la meilleure placée pour en parler ah ah ah
Cela parle-t-il d’autre chose ?
Sans doute, oui !
Allons-y alors, nous verrons !
Pièce éclatée
En morceaux en fragments
Poupées russes
4 couples – deux mondes – allers-retours –
—> à l’image du monde: puzzle défait, jeté à terre comme un gosse
—> ludique. Cela permet de passer d’un registre à l’autre (comédie, tragédie, fantaisie/fantastique)
—-> grande liberté, un peu comme ces cadavres exquis, collages surréalistes
Je cherche le fil..
Pour l’instant, il n’y en a qu’un: ces élèves comédiens que je dois former
Et cette « machine à jouer » car je sais qu’elle en est une
Mais des « fils » malgré tout…
—-> Le rêve. Qui rêve quoi ?
—> L’ordre, le désordre dans les 2 mondes
—> La « guerre des sexes »
—> Le désir animal – Cupidon aveugle vs la rationalité – L’Homme et la Bête.
—> La folie: la cécité, l’illusion, l’imagination
—> Fragilité de l’Homme: liens rompus ou inconstants entre l’H et la Femme
—> L’artiste: le poète = l’amoureux = les fous (les mêmes selon Thésée)
—> La Cité: conflit entre l’ancien (Egée archaïque) et le moderne (démocratie éclairée: égalité des sexes)
—-> le Monde comme un grand théâtre: mais qui tire les ficelles ?
Le travail = puzzle
Beaucoup d’absents, alors on travaille par bouts. Pas de vue globale donc. Attendre le 1er bout à bout pour voir à quoi ça ressemble.
Je rajoute à chaque passage des « finitions » au niveau de la mise en scène.
Du sens transversal.
Mais très compliqué de bosser comme ça..
Mais le songe = puzzle ?
NOTES SUR LES PERSONNAGES
Obéron/Titania : sont-ils le rêve de Thésée et Hippolyta ?
H fait penser à la Mégère apprivoisée.
Reine des Amazones, sera-t-elle « domptée » par son ravisseur ?
Au début, distance avec Thésée, même si elle joue le jeu: l’ancienne loi des captives, c’est comme ça. Soulagée de ces 4 lunes qui diffèrent l’union.
H muette et réfractaire dans la 1ère scène se tait face à cette monstruosité de mariage forcé, adoubé par Thésée. Elle se mure dans le silence = sa manière de désapprouver.Thésée: « Quelque chose ne va pas mon amour ? »
RIEN ne va dans ce mariage forcé !
C’est Titania qui « ouvrira sa gueule » face à Obéron et lui résistera. Bras de fer.
Révolte.
Thésée, insensible face au cri de Hermia, se fermera: ça ou la peine de mort.
Son double rêvé, Obéron, fermé, orgueilleux sera touché par la détresse d’Helena, s’y reconnaissant (rejeté par Titania) ?
Obéron, empathique, décide de réparer l’amour brisé. Rétablir l’ordre dans le désordre.
Thésée s’humanisera à la toute fin de la pièce et rejettera la vieille loi d’Athènes (Egée)
Son rêve comme parcours initiatique ?
Puck, lui, dira que les querelles, les promesses non tenues, les quiproquos sont constitutifs de l’être humain: « c’est pas moi, c’est le destin qui l’a voulu ».
Le désordre: il s’y connait ! Il n’y a qu’une loi qui régit le monde et le coeur des hommes: le désordre.
Les gosses
Au démarrage, comme toujours: les Pères et les enfants (comme Hamlet)
Les 4 gosses face à la loi des Pères.
Démétrius inconstant, change d’objet d’amour, comme le ferait un enfant.
Lysandre et Hermia jouent aux grands: fugue dans la forêt.
Heléna copie son amie et s’interroge sur son image puis lui fait un sale coup: la trahit.
De cette traversée de la forêt, ils en sortiront adultes, grandis.
Voyage initiatique ?
La Forêt = l’inconscient = lieu d’épreuves pour les couples, comme dans les contes de fée ?
La Forêt
La Forêt = métaphore du Monde = désordre = sens-dessus dessous, « hors de ses gonds », contemplée et manipulée par un ou des dieux spectateurs ?
Ou
La Forêt = lieu de l’imaginaire = voir autrement (« je te vois vraiment » dira Lysandre) = lieu de vérité = innocence première = tous les interdits (jardin d’Eden) ?
Les artisans
Là c’est une mise en abime sans fond.
Ne pas les ridiculiser, leur redonner de la noblesse dans leur maladresse. C’est la communauté des hommes. Nous quoi.
Ce qu’ils fabriquent: leur passion. Ils y mettent du coeur. Eux, en ont, du COEUR et du vrai.
Arriver à raconter ça avec leur spectacle aussi: le seul moment où est raconté une VRAIE histoire d’AMOUR. Sans filtre. Sans dieux ou sortilèges ou rêves.
Les vraies histoires d’amour sont maladroites, toujours ridicules, idéalistes. Ratées. D’où la mort des amants.
L’amour est impossible ?
N’est qu’un rêve ?
Montrer leur volonté de « bien faire » = c’est là où ils vont nous faire rire.
Ils veulent faire trop bien avec peu de moyens = condition de l’H.
Notre miroir. Nos échecs.
Yaël Bacry














































