PRISE DE PAROLE:

La prise de parole est à l’image d’une incessante partie de ping-pong.
La pleine parole est vivante. Son objectif ? Agir sur et avec l’autre, le monde.
Est vivant celui qui respire: je reçois le monde et je lui réponds. Inspiration et expiration.
La vie, une longue chaine d’action et réaction.
A l’image d’une partie de ping-pong.

REGLE n°1 : La bonne posture: la parole est projectile
Je suis aligné avec mon centre, ancré dans le sol: mon territoire, avec mes « bagages ». L’autre est dans le sien, avec les siens.
En projetant ma voix, je sens, j’assume et revendique la distance qui me sépare de celui qui est en face de moi.
Je ne cherche pas à fusionner avec l’autre. Je ne joue pas collé à la table.

REGLE n°2 : L’important c’est le message. La balle. Pas moi.
Je ne suis que le pylône par lequel mon message passe. La passion qui m’anime, la flamme que je porte et communique me traverse des pieds à la tête.
Mon message est supérieur à moi et à tous les autres. Il est puissant.
Je ne m’expose pas. Je suis derrière. Ils sont venus non pas pour moi, mais pour le message que je porte.
Mon pylône doit être suffisamment bien bâti pour pouvoir supporter la puissance de mon message.

REGLE n°3 : La bonne posture: la connexion
Centrage et connexion à tout ce qui m’entoure. L’espace et l’interlocuteur. Comme une toile de parachute.
Je regarde à qui je parle, yeux dans les yeux. Je lui parle vraiment.
Je ne fuis pas, ni ne balaye mon regard. Je ne fais pas semblant. Sinon je parle tout seul.
Aucune balle ne l’atteint.

REGLE n°4 : Je suis centré sur moi et j’ai le souci de l’autre.
La plupart du temps, c’est le contraire: je suis centré sur l’autre (son regard me pèse) et j’ai le souci de mon image, de moi: que va-t-il penser ?
Souci de l’autre: je choisis mes mots, mes phrases pour lui.
Si mon attention est tourné vers l’autre, paradoxalement le stress diminuera.

REGLE n°5 : Il n’y a pas de monologue. Tout est dialogue. ​
Même lorsque je suis seul à parler.
Je parle, l’autre reçoit et me « répond ». Je reçois à mon tour et lui réponds.
Les respirations dans ma parole sont des espaces créés pour que les autres y prennent place.
Je suis dans un ajustement permanent à l’autre.

REGLE n°6 : Je fragmente ma parole. Je respire.
Mon objectif: me faire comprendre par l’autre, sans que celui-ci ne fasse d’effort.
Je découpe ma parole en unité de sens. Je « conduis » mon public ainsi.
Je la fragmente. C’est ce qui distingue le texte oral, par essence haché, du texte écrit.
J’écris mon allocution à haute voix, en la parlant. Et je la note. il n’y a que la structure qui est couchée sur le papier.

REGLE n°7 : Prendre la parole, c’est agir.
Parler, c’est convaincre.
Se mettre en action. Embarquer l’auditoire. Le déplacer.
Ce n’est pas ouvrir un robinet.
C’est une action globale: organique. Je suis impliqué dans tout mon corps. J’incarne.
Si je rentre dans l’espace en me retroussant les manches et en pensant: « action », et non pas: « c’est à moi de parler », le stress diminuera fortement.