JE NE SAIS PAS GERER MON TRAC

SAVOIR GERER LE TRAC

COMPRENDRE

C’est un signe que tout va bien: vous êtes conscient de la responsabilité que vous avez, par rapport à vos partenaires de jeu, par rapport au public, par rapport au texte et à l’auteur. Conscient de l’enjeu: vous devez porter le rôle, le texte, la parole de l’auteur.

Sara Bernhardt à une élève comédienne :
Mon petit, lui dit-elle, avez-vous le trac ?
– Non, Madame, répondit la jeune fille étonnée.
– Rassurez-vous, cela viendra avec le talent.

Tout le monde a donc le trac. Même les plus aguerris !

Pas de panique, donc !

C’est exactement ce qui arrive lorsque vous êtes débordés par lui: vous paniquez !
Or: panique + trac = deux fois plus de peur.
Rien d’étonnant à ce que vous ne vous en sortiez pas !

Un champion olympique, au moment de son saut, a une poussée d’adrénaline: se dit-il que ce n’est pas normal ? Est-il inquiet ?

Non.

J’ai le trac = c’est normal. (se le dire autant de fois que nécessaire).
Je ne suis pas inquiet. Même les plus « grands » ont peur.


Deux erreurs fatales:

  • Vous cherchez à lutter contre. Votre mental et votre corps essaient de lutter contre cet adversaire et, au lieu de vous concentrer sur ce que vous avez à faire, les 3/4 de votre cerveau est concentré sur cette bataille inutile… Il ne reste qu’un petit quart pour jouer.
    On se plante donc.
  • Vous ne pensez qu’à votre petite personne: moi moi moi. Vous êtes centrés sur votre image et vous avez le souci d’elle. Au lieu d’avoir le souci de ce que vous avez à faire.
  • Il n’y a qu’un seul moyen de surmonter la peur: c’est de l’accepter
  • Se recentrer sur l’essentiel: et pas sur ma petite personne

Pour cela: ancrage et respiration ventrale

Ancrage: Il faut se recentrer, s’aligner sur son vrai centre.
Passer à une respiration ventrale.

Rectifier le sablier uniquement rempli en haut (respiration haute, pas d’ancrage, jambes vides).
Le retourner !
Remplir ses jambes. Alourdir tout le bas du corps. S’ancrer.

Respiration: La respiration ventrale, c’est respirer ce qu’on reçoit du monde (la peur) dans l’abdomen.
Recueillir l’émotion dans son ventre. Puis l’expirer. La chasser vers le bas.

Au contraire de la respiration haute, laquelle n’est pas capable d’évacuer correctement l’émotion: celle-ci montera vers la tête et noiera le cerveau…

Faites le test:
en mettant la main sur les deux parties du corps
respirez par le haut: le souffle monte à la tête
respirez par le bas: le souffle descend !

méthode pour maitriser ses émotions


Exercez-vous chez vous: baillez ou poussez un grand soupir et à l’aide de vos mains, accompagnez l’expiration lentement vers le bas. Evacuez la peur vers le sol. Vous aurez une sensation de vider la peur de votre corps, comme on vide une baignoire. Le sol l’absorbera.

Ce que j’ai à défendre est bien supérieur à ma personne.
Ce pourquoi je suis ici est bien supérieur à nous tous !
Ma propre personne ? mais c’est vraiment le cadet de mes soucis, pour mes partenaires et le public aussi ! je suis interchangeable: cela aurait pu être Pierre ou Catherine ou n’importe qui…
Non. Je suis là pour assurer uniquement ce que je dois faire.

Je respire bien, j’ai fait le vide en moi, je ne suis plus dans un état panique, je me suis calmé, j’ai bien fait descendre les émotions et à présent, je ne pense qu’à une seule chose: je fais mon taff: j’exécute les actions prévues.

Je me mets en action !

Si j’ai bien bossé, si j’ai tous mes repères, je commence. J’exécute. Le reste suivra instantanément.
(Voilà d’ailleurs pourquoi les méthodes qui ne s’appuient que sur « l’état » ou la psychologie des rôles, sont limitées)

Savoir gérer mon trac

A retenir, dans l’ordre:

  • « J’ai peur, c’est normal. Tout le monde a peur. »
  • « Je respire. Je me vide. » autant de fois qu’il est nécessaire
  • « Je me concentre sur l’essentiel: mon taff. Les actions »